C’est un atout redoutable pour la compagnie Airailes basée à l’aérodrome de Colmar-Houssen, qui effectue des transports d’hommes d’affaires et de personnalités mais aussi des rapatriements sanitaires ou des vols en urgence pour des greffes d’organes.

Elle s’est récemment dotée d’un deuxième avion, un Piaggio Avanti Evo fabriqué à Gênes en Italie, qui vole « aussi vite et aussi haut que les jets » grâce à quelques caractéristiques singulières : les moteurs sont montés à l’envers et poussent l’appareil, « une conception révolutionnaire qui lui permet de voler plus vite que les autres avions, tout en conservant les mêmes moteurs. La vitesse est obtenue par la suppression de beaucoup de traînée », explique Guy-Eric Oumier, chef-pilote de la compagnie.

Ainsi centré à l’arrière, il est doté de deux ailes supplémentaires de petite taille, situées à l’extrémité avant. Il peut atteindre la vitesse de 740 km/h tandis que ses concurrents filent à 550 km/h maxi. Une différence plutôt époustouflante… D’autant que « pour parcourir la même distance, il consomme beaucoup moins d’essence, puisqu’il va plus vite ». Autre avantage, il dispose d’une cabine très spacieuse. Il peut ainsi accueillir six passagers en plus des deux pilotes, et les transporter sur un rayon de 2 000 km à une altitude moyenne de 12 000 m permettant d’éviter la plupart des zones de turbulences.

Il exige « un peu plus de travail, de doigté, d’attention »

Un peu plus difficile à piloter, il exige « un peu plus de travail, de doigté, d’attention », précise Guy-Eric Oumier. « Cependant il n’est pas sournois, mais il ne faut pas le quitter des yeux… » Rien d’insurmontable pour les cinq pilotes de la petite compagnie créée en 1991, qui effectue trois à quatre vols par semaine soit 400 heures de vol par an et par avion. « Ils ne se font guère prier pour le piloter ! ». L’appareil requiert aussi « une technique d’atterrissage différente de ce que l’on connaît, car il ne se cabre pas, au contraire il pique du nez ». Des singularités qui passionnent les pilotes chevronnés. Dans les airs depuis plus de quarante ans, Guy-Eric comptabilise à lui seul 18 400 heures de vol !

Livré en mars et ayant obtenu son permis d’exploitation en mai, le Piaggio de la compagnie Airailes a coûté « un peu plus de 7 M d’€uros » et a déjà pas mal voyagé, notamment en Islande, au Maroc ou en Tunisie où il a effectué quelques évacuations sanitaires.

Basé à l’aérodrome de Colmar-Houssen et aussi à Strasbourg, il peut prendre le départ des deux villes. « Mais à Colmar, l’avantage est que le terrain est ouvert 24 h sur 24 ». Et relier les deux sites n’est pas vraiment un problème : « Il effectue la liaison Colmar-Strasbourg en un peu moins de huit minutes. Cela surprend un peu les passagers ! »

Site internet : airailes.fr La compagnie sur Instagram : www.instagram.com/airailes.fr

 

Article paru dans le journal DNA
Edition du dim. 9 octobre 2016