À une bulle d’air près…


La Colmarienne Jutta Sturm a échoué au pied du podium lors des championnats du monde de vol à voile qui viennent de s’achever à Issoudun (Indre). Déçue mais pas abattue, l’Alsacienne compte rapidement reprendre son envol.

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100 mètres. C’est ce qui aura manqué à Jutta Sturm pour rejoindre ses deux coéquipières de l’équipe de France sur le podium. Pour sa troisième participation au championnat du monde de vol à voile, la Colmarienne a terminé 5e du classement général dans la catégorie course, la faute à un aléa climatique dans la dernière ligne droite de la compétition.

« Oui, c’est sûr il y a de la déception d’autant plus que j’étais troisième au classement général avant la dernière journée. Il m’a manqué une bulle d’air pour prendre de l’altitude et passer la dernière forêt. J’ai préféré jouer la sécurité et je me suis posée dans un champ », explique celle qui est institutrice au Centre Inter Clubs Vélivole Vosges Alsace.

Au service du collectif

Un final au goût amer, qui ne gâche cependant pas la semaine de compétition que la Franco-Allemande aura vécue. « Nous avons eu dix épreuves en vol, avec une météorologie sympathique, non sans difficultés. J’ai réussi à gagner trois épreuves, je suis donc satisfaite de ce que j’ai fait. J’aurai bien aimé être sur le podium avec les filles (Maryline Bérard et Anne Ducarouge, ses coéquipières en équipe de France, ndrl) , mais je suis quand même très contente du résultat de l’équipe. »

L’esprit de groupe n’est pas un vain mot pour Jutta Sturm. Elle n’oublie pas le travail de tous ceux qui l’entourent et qui lui permettent de voler, notamment son mari et coéquipier, Christophe, qui lui a apporté un précieux soutien lors de la dernière compétition. « Il a dû réparer in extremis l’ordinateur de vol et la roue principal du planeur, juste avant le décollage. Je lui dois une fière chandelle. »

Être seule à bord de son planeur ne veut pas dire voler seule tout au long de la course. La Haut-Rhinoise n’hésite pas à fournir de précieux conseils à ses partenaires d’équipe de France une fois son planeur dans les airs. « Grâce à la radio, on se parle et on s’aide beaucoup pendant la course. On se donne des indications sur les lieux où il y a de bonnes ascendances, là où il faut ralentir… C’est la spécificité de notre sport : nous sommes seules à bord mais on doit être capable de fournir un vrai travail d’équipe. »

Après 25 ans de courses, la vélivole a appris à faire confiance aux autres et surtout à ne plus douter de ses choix dans le cockpit. « L’expérience aide beaucoup pour cela, confie-t-elle. Avec les filles, on a pris l’habitude de mettre en place la même stratégie avant chaque course. On décide de partir en dernières pour essayer de rattraper les autres. »

Une tactique souvent payante sur des vols où l’objectif est de parcourir une distance en triangle allant de 150 à 500 km de long. « Chaque participante peut décider du moment du départ, poursuit-elle. Ce qui compte, c’est la vitesse avec laquelle le circuit a été effectué. »

Avec la radio qui l’a relie constamment aux autres vélivoles, Jutta Sturm n’est donc jamais complètement seule une fois la tête dans les nuages.

Benjamin Bonte


Article paru dans le journal DNA
Edition du dim. 28 juillet 2013